Freenaute en colère

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Tagada

Voilà je m'appelle Laurence, je vais avoir 34 ans au mois de juin prochain et je suis diabétique depuis maintenant 17 ans. A cette époque j'étais interne dans un lycée de St Malo (35). C'était en juin 1989, j'étais très fatiguée, j'avais toujours soif et principalement de choses sucrées, j'allais toujours aux toilettes et j'avais beaucoup maigrie (je ne pesais plus que 46 kgs pour mes 1 m 72). Le directeur de l'internat a donc téléphoné à mon père (ma maman est décédée d'une polyarthrite rhumatoïde suivi d'un lupus quand j'avais 8 ans) qui est venu me chercher et suite à une visite chez le médecin puis à une prise de sang, j'ai été diagnostiquée comme DIABETIQUE. Eh oui, le mot qui m'a fait comme un « coup de masse » car je ne savais pas ce que c'était ! Alors bien sur là … hospitalisation aux urgences du C.H.U. de Rennes puis au service diabétologie de l'hôpital Fontenoy à Rennes également. On m'a mise sous pompe à insuline pendant une quinzaine de jours mais devant la diminution des doses, ils ont décidés d'arrêter complètement l'insuline. Je sors donc de l'hôpital sous comprimés, à savoir du DAONIL et du GLUCOPHAGE probablement du à ce qu'on appelle la période de lune de miel. Ce traitement je l'ai suivi pendant un an sans vraiment faire attention à rien car c'était l'âge de l'adolescence avec les soirées entre amis dans les discothèques, les repas à n'importe quelles heures et sans faire attention à ce que je mangeais, l'âge bête comme on dit ! Un jour ma grand-mère qui croyait beaucoup aux médecines parallèles m'a emmené chez une femme qui par des méthodes assez bizarres (massages, acuponcture, petites gélules) m'avait dit que je ne serais plus diabétique … Elle m'avait même fait arrêter la prise des médicaments et je croyais vraiment à tout ce qu'elle me disait … en fait, je crois qu'on a parfois envie de croire que du jour au lendemain on ne sera plus malade ... Et voilà comment je me suis retrouvée, en Octobre 1991, à l'hôpital avec une décompensation complète et logique de mon diabète … Hba1c à 15,6 % … La diabétologue décide donc de me passer sous traitement par insuline … J'étais vraiment en colère envers tout le monde (moi-même, cette femme, ma famille, la médecine …). Je sors donc de l'hôpital avec deux injections d'ACTRAPID (matin et midi) et une injection d'UMULINE (soir) … Ce diabète est alors très mal accueilli par moi-même d'abord car j'avais une sensation d'échec envers moi mais aussi par tout mon entourage … ce qui explique les phases de surveillances aléatoires (abandon de contrôles par périodes) … En 1993, comme si la vie ne m'avait pas encore assez gâtée, ma grand-mère est décédée et là … nouvelle période de découragement total … les Hba1c restent scotchées entre 8 et 9 % … Je décide toutefois de me prendre en main et je fais un régulièrement mon bilan annuel … En 1998, devant une Hba1c à 9,5 %, le traitement est optimisé, je passe à 5 injections par jour, à savoir, INSULATARD (matin et soir) et ACTRAPID (avant chaque repas). Le diabète reste instable mais l'Hba1c baisse à 7,7 % … En 1999, je débute ma première grossesse, l'Hba1c est à 7,5 % … je suis même stupéfaite car pendant toute la grossesse elle s'est maintenue entre 6,5 % 7 % … comme quoi quand on veut … on peut !!! J'ai donc accouché le 21 juin 1999 d'une fille CASSANDRA à 37 semaines d'aménorrhée, elle pèse 4,125 Kg mais elle est adorable ! … En 2000, bilan annuel et nouvelle déception, l'Hba1c est remontée à 8,6 % … Nouveau « coup de bâton » … En 2001, je décide toutefois de faire le pas pour la seconde grossesse … l'Hba1c est encore un peu haute au départ : 7,9 % mais je me dis que comme pour la première grossesse, je vais faire des efforts … Chloé est née le 1er octobre 2001 à 37 semaines d'aménorrhées et elle pèse 4,780 Kg mais elle est aussi adorable que sa grande sœur ! … Je décide ensuite de ne plus me faire suivre à l'hôpital mais par un diabétologue privé dans le centre de Rennes, j'en avais marre de passer pour un « numéro » ! … Il me parle des nouvelles insulines qui sortent sur le marché et notamment de la LANTUS … En 2003, je change donc de traitement … LANTUS (soir) et HUMALOG (avant chaque repas) … Entre 2003 et 2005, je fais de mon mieux, je gère au mieux mais toujours avec des hauts et des bas, des coups de ras le bol, des coups de blues mais qui repartent à chaque fois, l'Hba1c tourne pendant cette période à 8 % … Et là … déprime totale … Décembre 2005 … un mois qui sera pour moi un très mauvais souvenir … mon papa chute dans un escalier chez moi … 15 jours de coma puis décès … la veille de noël ma grand-mère tombe dans la cuisine … rupture d'anévrisme … et quelques moi après … suite à un cancer qui se généralisait je perd ma meilleure amie, que dis je ma sœur … et là le diabète a vraiment fait n'importe quoi mais je m'en foutais, j'étais trop malheureuse ! En Octobre 2005, je fais connaissance du site Internet Doctissimo et là j'apprend qu'il existe un nouveau système de traitement à savoir LA POMPE A INSULINE. Je décide tout d'abord de lire les diverses discussions sur cette « appareil » et ensuite de me lancer pour poser mes propres questions … Je fais aussi beaucoup de recherches sur le net pour avoir le plus de renseignements possibles … C'est à ce moment là que j'ai connaissance avec des personnes extraordinaires qui m'ont beaucoup aidées par la suite et sans qui le passage sous pompe n'aurait pas eu lieu car je n'aurais jamais franchi le pas toute seule ! Encore merci car même maintenant, elles sont toujours présentes et c'est devenu des ami(e)s … Alors voilà le 5 avril 2005, je suis devenue une pompix et comme je dis souvent avec un grand sourire … je suis une pompe pompe girl !!! Et là maintenant, cela va bientôt faire un an et j'en reviens pas, j'ai pas vu le temps passé, mes Hba1c sont inférieures à 7 % et je vis comme tout le monde, j'ai appris à mieux me connaître au niveau de mon organisme, à mieux gérer mon diabète et surtout à l'accepter … ce qui est extraordinaire pour moi au bout de 17 ans ! Le bonheur de ne plus avoir à se piquer plusieurs fois par jour … la liberté dans la vie de tous les jours … l'impression de vivre comme une personne non diabétique en fait ! A moi maintenant de promouvoir les bienfaits de la pompe à insuline auprès de ceux qui ont des doutes !

Laurence
Alias TAGADA351 (sur doctissimo)